Literary Cooperation Between Yugoslavia and France in the Period 1946–1948
DOI:
https://doi.org/10.18485/kis.2025.57.187.18Keywords:
Yougoslavie, France, 1946-1948, coopération littéraireAbstract
L’auteure étudie la coopération littéraire entre la Yougoslavie et la France dans la période 1946–1948. Malgré les changements au niveau politique après la Seconde Guerre mondiale et les relations tendues entre les deux pays, les liens culturels n’ont jamais été rompus. Le but est de montrer qu’il existait la nécessité de maintenir et renforcer ces liens à travers la coopération littéraire, qui se développait grâce aux visites de nombreux écrivains français et à la traduction de la littérature yougoslave en France et de la littérature française en Yougoslavie.
La période après la Seconde Guerre mondiale marque le changement radical dans les rapports franco-yougoslaves. La conséquence du rapprochement entre la Yougoslavie et l’URSS entre 1944 et 1949 est le refroidissement de l’amitié avec la France. D’ailleurs, de nombreux problèmes ont surgi : le rapatriement des prisonniers de guerre d’origine française enrôlés dans l’armée allemande, la nationalisation des biens des propriétaires français, les persécutions et assassinats des Yougoslaves aux opinions pro-européens ainsi que la désapprobation des Français à l’égard des procès de Draža Mihailović et Alojzije Stepinac. Les autorités françaises ont condamné non seulement les décisions politiques des autorités yougoslaves mais aussi les décisions culturelles, à savoir : la fermeture des écoles privées à caractère religieux et l’interdiction de la (ré)ouverture des écoles et instituts français partout en Yougoslavie.
La coopération entre les institutions yougoslaves et les institutions culturelles internationales s’opérait à travers le Comité pour la culture et l’art auprès du gouvernement de Yougoslavie. Quant à la coopération littéraire avec la France, cette institution agissait conjointement avec l’Ambassade yougoslave à Paris. La personne d’importance était le poète serbe Marko Ristić, le premier ambassadeur yougoslave à Paris entre 1945 et 1951. Ses connaissances avec les surréalistes français rendaient possible la naissance de la coopération et des relations amicales avec les écrivains français, qui étaient souvent les invités de l’Ambassade yougoslave à Paris. De plus, les visites organisées des écrivains français en Yougoslavie ont eu un impact positif sur les rapports franco-yougoslaves. Ces visites ont été l’occasion d’introduire la culture et la littérature yougoslave aux écrivains français, qui, de leur part, dès le retour en France, rédigeaient les articles sur ledit sujet pour les revues françaises tels que Ce soir ou Les lettres françaises. Parmi les personnalités importantes qui ont visité la Yougoslavie en 1946 se trouvent Paul Éluard, Tristan Tzara, Jean-Richard Bloch ainsi que Louis Aragon, Elsa Triolet, Jean Marcеnac et Jean Cayrol en tant qu’invités de l’Association des Écrivains yougoslaves un an plus tard. Du côté yougoslave, la presse critiquait la culture et la littérature françaises, avant tout le mouvement décadent et la publication de la revue La Table ronde.
En ce qui concerne la traduction et l’édition des œuvres françaises, à la différence du début du XXe siècle où s’aperçoit un grand nombre de traduction des auteurs français ce qui contribuait à l’expansion de la publication de la littérature française en Yougoslavie, à partir de l’établissement de l’agitprop en 1945, les éditeurs nécessitaient la permission de la commission de l’agitprop pour publier la traduction d’un livre. Bien que tout soit sous le contrôle rigoureux de l’agitprop, dans cette période, les œuvres de grands écrivains tels que Balzac, Zola, Maupassant, Diderot etc. sont traduites du français. Sur les écrivains français et caractéristiques de leur production littéraire, le public yougoslave pouvait s’informer en lisant les revues yougoslaves Notre littérature (Naša književnost) et Journal littéraire (Književne novine). La traduction des livres du français en serbocroate, slovène et macédonien posait des problèmes vu que les traducteurs ne connaissaient pas très bien la langue française et manquaient le matériel à traduire, ce qui est indiqué par l’Association des étudiants yougoslaves en France et l’Association Yougoslavie–France. De plus, le manque des livres traitant la Yougoslavie est signalé par les individus qui voulaient écrire sur le pays tels que les professeurs Jean Mousset, Emil Sicard et George Berlia.
Néanmoins, la rupture avec l’URSS conduit Yougoslavie à améliorer ses rapports avec les pays occidentaux : c’est ainsi que la coopération culturelle et littéraire entre la Yougoslavie et la France prend de nouvelles formes et prospère.
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